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L'homme qui ne mérite pas de vivre ?

publié le 22 nov. 2013 à 14:03 par info AFC-Tahiti
Max Tresoldi est resté dix ans dans un « état végétatif » diagnostiqué par le corps médical… avant de de réveiller un beau jour de 2001 et de pouvoir de nouveau communiquer avec son entourage.

Invité récemment à la RAI pour parler de son itinéraire, son cas a été commenté alors qu'il était en direct avec la chaîne publique italienne : la journaliste Alda D'Eusanio s'est exclamé : « Ça, ce n'est pas une vie. » Et de réclamer qu'on ne la laisse jamais, elle, dans cet état.

Max Tresoldi a raconté que pendant tout le temps où il avait été diagnostiqué « en état végétatif » il était en réalité conscient. « J'ai toujours été là. J'écoutais et je voyais tout, mais je ne savais pas comment le dire. » Ces dernières années, il voyage partout en Italie pour donner son témoignage et raconter aussi comment l'amour de sa famille a été la seule thérapie efficace : ce que la science neurologique appelle « l'effet maman ».

Invité, donc, à l'émission « La vie en direct » de la RAI 1, il pensait y raconter son itinéraire d'espérance. On lui avait demandé de remplir sa maison d'amis en vue d'une intervention en duplex qui devait durer 20 minutes en démarrant à 16 h 30. Mais les autres sujets s'éternisent. L'émission touche quasiment à sa fin lorsque, vers 18 h, la régie l'appelle enfin. Max est fatigué, mais il sourit. Il lève le pouce pour dire que tout va bien ; sa mère, tant bien que mal, tente de résumer son histoire en moins de deux minutes à l'intention des téléspectateurs. La régie coupe, on repasse au studio.

C'est là qu'Alda D'Eusanio, journaliste invitée en tant qu'« expert », décoche son tir venimeux contre Max : « Ça, ce n'est pas une vie. » Max qui n'avait pas eu le temps de montrer à l'antenne le poster qu'il avait préparé, où il avait écrit de sa propre main : « Je suis très heureux. » « Revenir à la vie sans jamais pouvoir être libre, et souffrir, et avoir ce regard vide… je suis désolée, non ! », continue Alda D'Eusanio, insensible. Sans même penser une seconde que ce garçon à qui elle déniait le droit de vivre la regardait, l'écoutait – et que l'indignation était bien visible dans ce « regard vide » de Max qui s'agitait chez lui dans son fauteuil roulant, de nouveau privé de la possibilité de crier très fort ce qu'il ressentait.

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